14.11.2006 - Articolo
Succès de la lutte contre la marée noire
Dans une région du Liban touchée par le conflit
Le 14 juillet dernier, le bombardement de la centrale électrique de Jiyé, au Sud de Beyrouth, a eu pour conséquence l’écoulement en mer d’un volume de pétrole estimé jusqu’à 15 000 tonnes. La DDC a mis sur pied un projet efficace pour lutter contre les dommages à l’environnement et compenser les pertes de revenu des pêcheurs.
De la côte libanaise, un reportage de notre collaboratrice Fabienne Wydler
Plus l’hiver approche, plus augmente le risque que les tempêtes et le gros temps arrachent le pétrole accumulé sur le sable et les rochers de la côte, pour l’entraîner plus loin et provoquer une nouvelle pollution. C’est pourquoi nous mettons les bouchées doubles sur un tronçon entre Enfé et Tripoli, ainsi que sur l’Ile des Palmiers, au large de Tripoli.
Quelque 30 pêcheurs, un contremaître et un biologiste travaillent dans une réserve naturelle qui offre aux tortues et aux oiseaux migrateurs un lieu de nidification important pour
leur survie. Lorsque le temps est suffisamment clément, les travailleurs se retrouvent à 6h30 sur le port de Tripoli et embarquent pour l’île sur nos cinq bateaux. Toutefois, la mer grossissant à
l’approche de l’hiver, la navigation n’est pas une partie de plaisir. Une fois sur l’île, les pêcheurs se répartissent en plusieurs groupes et commencent à ramasser les déchets souillés par le
pétrole (bouteilles en PET, chaussures, plastique), à gratter le pétrole recouvrant les rochers et à récupérer les petites flaques de pétrole accumulées dans les fissures ou les creux du rocher. Ils
travaillent à la main ou avec de petites pelles et sont équipés de combinaisons, de lunettes et de masques respiratoires.
Les conditions de travail sont dures, car l’Île des Palmiers est constituée de roches calcaires fortement érodées, difficiles d’accès. Le ramassage du pétrole dans les falaises et, surtout, le transport des fûts de pétrole du chantier jusqu’au bateau, ne sont pas sans danger. Après six jours de travail sur place, les pêcheurs ont déjà gratté, ramassé, enlevé et mis en fûts quelque 6000 litres de pétrole (liquide et solidifié), qu’ils ont ramenés sur le continent. Ces fûts de 60 litres sont stockés dans des conteneurs avec plus de 20 m3 de déchets de bois souillés par la marée noire.
Des techniques élaborées pour isoler le pétrole
Sur la bande côtière reliant Enfé à Tripoli, 35 pêcheurs et cinq contremaîtres sont actuellement à l’ouvrage. Ici, le travail est différent. En raison de
l’étendue des surfaces polluées et du mélange de pétrole et de sable, on a recours à des machines. Trois experts français, spécialistes du nettoyage des marées noires, expliquent aux pêcheurs comment
utiliser les pompes mises en oeuvre pour le flushing: des jets d’eau à basse pression permettent de séparer le pétrole du sable et de le rassembler en un endroit précis. Lorsqu’une flaque de pétrole
se reforme en surface, on peut alors l’enlever. Les machines ont été importées de France.
La marée noire a empêché les pêcheurs de la côte de Tripoli de vendre suffisamment de poisson. Nous avons donc décidé de les engager sous contrat pour notre « Oil Spill Recovery Programme ». Eux
sont contents de pouvoir rapporter de nouveau de l’argent chez eux, et nous sommes satisfaits de pouvoir compter sur un personnel habitué aux conditions maritimes et météorologiques locales, qui ne
craint pas le travail, malgré les difficultés du terrain, une concentration inhabituelle de moustiques et le fait d’avoir constamment les pieds et les mains dans le pétrole, dans beaucoup de
pétrole.