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...j'emmène ma fille à sa leçon de violon et puis je vais la rechercher. Il faut aussi que j'achète du pain,
du fromage et de la charcuterie pour le souper, car ma femme suit tous les mardis soirs un cours de formation continue. Pour nous autres Suisses, manger, se cultiver, recevoir des soins, apprendre
sont des activités qui vont de soi. Ce n'est pas le cas partout, loin de là. Le concept de sécurité humaine occupe une place toujours plus grande dans le débat international sur le développement. Il
implique bien davantage que la garantie d'une vie quotidienne paisible, protégée par une police omniprésente et une armée bien équipée. La sécurité humaine fait aussi référence aux besoins vitaux,
qui doivent être satisfaits pour qu'un individu ou une société puisse s'épanouir.
Une enquête représentative montre que les Suisses se sentent en sécurité. Même si certains politiciens veulent faire croire le contraire à la population. Actuellement, ce sont surtout les jeunes demandeurs d'asile venus d'Afrique occidentale que l'on accuse de menacer la sécurité de nos femmes et de nos filles. Dans mon enfance, c'étaient les Italiens. Plus tard, on a montré du doigt les Yougoslaves, puis les Tamouls, les Albanais du Kosovo, et maintenant les Africains. L'étranger fait peur, il est la cible idéale pour toutes sortes de projections. Quelques requérants d'asile, peu importe d'où il viennent, posent indéniablement des problèmes. Des hommes jeunes, surtout, entreprennent ce voyage vers le Nord où l'on est censé trouver travail, argent, soins et formation, où la sécurité humaine est garantie. Arrivés ici, ils sont pour la plupart condamnés au désoeuvrement, situation qui les porte à se procurer de l'argent par des moyens illicites. Quand certains milieux politiques demandent que l'on punisse d'un arrêt de la coopération au développement les États qui ne reprennent pas leurs ressortissants indésirables en Suisse, ils mettent «la charrue devant les boeufs», comme le soulignait récemment Walter Fust, directeur de la DDC. Et il expliquait : « Si tant est qu'il soit possible d'endiguer les migrations, ce ne pourra être qu'à travers la coopération internationale. »
« La sécurité par le développement» est le thème de l'année 2003 pour la DDC. C'est aussi celui de notre dossier, qui commence à la page 6. La culture fait partie intégrante du développement, comme le montrent les cinémas itinérants qui ont commencé à parcourir les villages de l'Afghanistan peu après la chute du régime taliban. Lisez quelles ont été les réactions suscitées par la projection de ces images animées (à partir de la page 30). Et programmez votre emploi du temps pour demain en songeant à tous ceux qui ne peuvent pas faire de tels plans, car ils n'ont aucun accès à des prestations tout à fait habituelles pour nous.
Harry Sivec
Chef médias et communication DDC
21.02.2003 - Article
Demain je vais chez le médecin...
...j'emmène ma fille à sa leçon de violon et puis je vais la rechercher. Il faut aussi que j'achète du pain,
du fromage et de la charcuterie pour le souper, car ma femme suit tous les mardis soirs un cours de formation continue. Pour nous autres Suisses, manger, se cultiver, recevoir des soins, apprendre
sont des activités qui vont de soi. Ce n'est pas le cas partout, loin de là. Le concept de sécurité humaine occupe une place toujours plus grande dans le débat international sur le développement. Il
implique bien davantage que la garantie d'une vie quotidienne paisible, protégée par une police omniprésente et une armée bien équipée. La sécurité humaine fait aussi référence aux besoins vitaux,
qui doivent être satisfaits pour qu'un individu ou une société puisse s'épanouir.Une enquête représentative montre que les Suisses se sentent en sécurité. Même si certains politiciens veulent faire croire le contraire à la population. Actuellement, ce sont surtout les jeunes demandeurs d'asile venus d'Afrique occidentale que l'on accuse de menacer la sécurité de nos femmes et de nos filles. Dans mon enfance, c'étaient les Italiens. Plus tard, on a montré du doigt les Yougoslaves, puis les Tamouls, les Albanais du Kosovo, et maintenant les Africains. L'étranger fait peur, il est la cible idéale pour toutes sortes de projections. Quelques requérants d'asile, peu importe d'où il viennent, posent indéniablement des problèmes. Des hommes jeunes, surtout, entreprennent ce voyage vers le Nord où l'on est censé trouver travail, argent, soins et formation, où la sécurité humaine est garantie. Arrivés ici, ils sont pour la plupart condamnés au désoeuvrement, situation qui les porte à se procurer de l'argent par des moyens illicites. Quand certains milieux politiques demandent que l'on punisse d'un arrêt de la coopération au développement les États qui ne reprennent pas leurs ressortissants indésirables en Suisse, ils mettent «la charrue devant les boeufs», comme le soulignait récemment Walter Fust, directeur de la DDC. Et il expliquait : « Si tant est qu'il soit possible d'endiguer les migrations, ce ne pourra être qu'à travers la coopération internationale. »
« La sécurité par le développement» est le thème de l'année 2003 pour la DDC. C'est aussi celui de notre dossier, qui commence à la page 6. La culture fait partie intégrante du développement, comme le montrent les cinémas itinérants qui ont commencé à parcourir les villages de l'Afghanistan peu après la chute du régime taliban. Lisez quelles ont été les réactions suscitées par la projection de ces images animées (à partir de la page 30). Et programmez votre emploi du temps pour demain en songeant à tous ceux qui ne peuvent pas faire de tels plans, car ils n'ont aucun accès à des prestations tout à fait habituelles pour nous.
Harry Sivec
Chef médias et communication DDC