La forêt, c’est plus que des arbres
Il y a plus d’un milliard d’habitants de notre planète qui dépendent pour beaucoup des ressources de la forêt pour assurer leur existence. Soixante millions de membres des communautés indigènes sont entièrement tributaires des forêts pour survivre. De plus, près d’un milliard d’hommes, de femmes et d’enfants sont soignés avec des médicaments que l’on ne produit que grâce aux plantes médicinales qui poussent dans les forêts. La sylviculture et la transformation du bois occupent soixante millions de personnes dans le monde. Et ne l’oublions pas: 25% ou 33 millions de kilomètres carrés de la surface terrestre de notre planète sont recouverts de forêts!
Malgré ces faits:
- Entre quatorze et dix-sept millions d’hectares de forêts ont disparu au cours de ces quinze dernières années. Dans certaines régions des Tropiques, ce sont chaque année jusqu’à
4% de la surface forestière totale qui sont anéantis.
- L’exploitation inappropriée des forêts et des savanes arborisées entraîne chaque année la perte de sols précieux qui représentent jusqu’à 10% de la valeur totale de que l’on pourrait récolter sur
eux en pratiquant une exploitation agricole durable.
- Le défrichement des forêts entraîne la perte de 2 à 5% de la diversité des espèces tous les dix ans. Il en résulte des conséquences irréversibles pour la stabilité de
l’écosystème et pour la qualité de la vie de l’homme.
- La combustion des forêts est aujourd’hui responsable de 20 à 30% du total des émissions de gaz à effets de serre. Ces gaz sont la cause du réchauffement global du climat.
- La valeur économique et sociale des forêts est partout sous-estimée. Les produits bois sont vendus en dessous de leur valeur réelle et les prestations écologiques de la forêt telles que le stockage de l’eau, le contrôle de l’érosion, la préservation de la diversité des espèces ou la stabilisation du climat ne sont pas reconnues en tant que composants économiques essentiels.
Les activités de la DDC en relation avec la forêt
La forêt joue un rôle essentiel parmi les ressources
naturelles : c’est un écosystème multifonctionnel qui imprime sa marque sur le paysage, tout en apportant une contribution fondamentale à la protection climatique, à la protection contre les risques
naturels, au tourisme, etc. Mais elle revêt aussi une grande importance dans la réduction de la pauvreté en tant qu’élément essentiel du système de production rural : son rôle est déterminant dans
les pays du Sud et de l’Est, surtout pour les couches les plus pauvres de la population, elle qui constitue un espace vital fonctionnel avec tous ses produits : bois d’ouvrage et bois de feu, eau
potable, fourrage, fruits, gibier, humus, plantes médicinales et bien d’autres ressources encore. Dans le monde entier, il y a plus de 1,6 milliard de personnes qui vivent en extrême pauvreté
(données de la FAO en 2001) et qui dépendent dans une grande mesure de la forêt et de ses ressources pour leur survie même. Pour elles, la forêt est un lieu de travail, une source de nourriture pour
l’homme et l’animal, de matières premières et de matériaux de construction, d’énergie ; c’est aussi un lieu recueillement spirituel, une protection contre les dangers naturels et un réservoir pour
les mauvais jours.
La DDC apporte son soutien au processus international qui règle de manière impérative l’utilisation durable de la forêt. Dans ce contexte, un instrument déjà reconnu au plan international prend une
importance considérable : le Programme national pour la forêt (National Forest Program). Il s’agit d’un programme d’action politique censé régir durablement les exigences économiques, écologiques et
sociales posées à la forêt. La Suisse (par l’intermédiaire de l’OFEFP et de la DDC) appuie l’élaboration de telles programmes en faveur de la forêt et pour lesquels il est déterminant que les
gouvernements et communautés locales et régionales soient associés dès le début au sein d’un processus participatif.
La DDC apporte son soutien à l’utilisation décentralisée et à l’accès de la population locale aux ressources naturelles par le biais de programmes et d’études bénéficiant d’un ancrage
international.
Exemples :
- Le Programme pour la forêt (PROFOR) de la Banque mondiale en partenariat avec différentes institutions étatiques au service du développement :
L’objectif général de PROFOR est le renforcement de la contribution de la forêt à la réduction de la pauvreté, au développement durable et à la protection des valeurs et des prestations environnementales. L’un des quatre thèmes principaux de PROFOR est l’encouragement de l’utilisation décentralisée des ressources forestières et arboricoles.
- Projet de recherche avec le CIFOR (Centre pour la recherche internationale sur la forêt en Indonésie) :
Le contenu de ce projet de recherche est la promotion des savoir-faire locaux au service de la planification et de l’utilisation durables de l’exploitation des ressources de la forêt, en partant des besoins sur place. Le projet vise à améliorer les conditions de vie de la population pauvre dépendant de la forêt et à promouvoir sa gestion durable.