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08.09.2009 - Article
Le pouvoir de l'alphabétisation: au-delà d'une vision, un prix et une publication

Le prix international 2009 de l'UNESCO a été décerné à l'Association Tin Tua, partenaire de longue date de la DDC au Burkina Faso, pour la qualité et l'envergure de son engagement en matière d'alphabétisation et d'éducation non formelle(1). Le prix lui sera remis officiellement à Paris dans le cadre de la Journée mondiale de l'alphabétisation, organisée le 8 septembre 2009. L'année 2009 a aussi vu la publication, dans le cadre de la Campagne mondiale sur l'éducation 2009, d'une brochure "Des histoires pour la promotion de l'éducation". Produite par le Réseau suisse des partenaires en éducation, avec le soutien de la DDC, elle met en exergue les effets transformateurs de l'accès à une éducation sur la vie quotidienne des individus.

776 millions d’adultes, à savoir un adulte sur 5 dans le monde, sont privés du droit à l’alphabétisation; deux tiers sont des femmes. 75 millions d’enfants, dont 55% de filles, ne sont pas scolarisés et ils sont plus nombreux encore à fréquenter l’école de manière irrégulière ou l’ont abandonnée. Ils vivent en majorité en Afrique subsaharienne, en Asie du Sud, de l’Ouest et de l’Est, surtout dans les régions pauvres et rurales.

S'alphabétiser pour s'autonomiser
Partenaire de longue date de la DDC, l'Association burkinabé Tin Tua a reçu cette année le prix d'alphabétisation 2009 décerné par l'UNESCO. Remis officiellement à Paris dans le cadre de la Journée mondiale de l'alphabétisation, ce prix récompense l'excellence et l'innovation en matière d'alphabétisation. Quatre projets particulièrement innovants ont été ainsi primés en Afghanistan, en Inde, aux Philippines et au Burkina Faso.

Tin Tua signifie en gulimancema - une des langues parlées dans l'Est du Burkina Faso - "développons-nous nous-mêmes". Grâce à sa philosophie du développement par soi-même, Tin Tua a permis aux communautés de s'épanouir, en liant l'alphabétisation et l'éducation non formelle, qui est souvent la seule accessible aux populations pauvres. Adaptant ses programmes aux réalités et aux besoins locaux, Tin Tua a développé l'enseignement bilingue. Son mot d'ordre étant la participation des communautés, son action a débuté au Burkina Faso en 1986 déjà par le développement d'un programme d'alphabétisation à partir des besoins identifiés par les villageois eux-mêmes.
Tin Tua s'adresse non seulement aux jeunes et aux adultes de plus de 15 ans, mais aussi aux enfants de 9 à 15 ans qui ont quitté prématurément l'école ou qui ne l'ont même jamais fréquentée. Ces jeunes ont ainsi l'occasion d'acquérir des compétences liées aux activités économiques et sociales de leur milieu de vie.

Aujourd'hui, les programmes de Tin Tua au Burkina Faso touchent quelque 40'000 apprenants chaque année, dont la moitié sont des femmes, dans 750 villages et hameaux du pays. Son action a permis d'augmenter le taux d'alphabétisation à 40% dans les villages où Tin Tua a travaillé. Ce taux dépasse largement la moyenne nationale, située à 26%. Tin Tua partage aujourd'hui son expérience avec le Bénin, le Togo, le Niger et le Mali, autres pays à faible taux d'alphabétisation.

Des histoires pour la promotion de l'éducation
Dans le cadre de la Campagne mondiale sur l'éducation 2009, centrée sur l'alphabétisation et l'éducation tout au long de la vie, une brochure a été éditée par le Réseau suisse des partenaires pour l'éducation, avec le soutien de la DDC. Créé en 2006, ce réseau réunit une quarantaine d'organismes publics et privés, ainsi que des personnes oeuvrant en faveur de l'éducation dans les pays du Sud et de l'Est. Son objectif vise à soutenir les Objectifs du Millénaire pour le Développement des Nations Unies et promouvoir "une éducation de qualité pour toutes et tous" d'ici 2015.

Présentant une série de témoignages de jeunes et d'adultes, cette brochure souligne à la fois le pouvoir de l'éducation et l'urgence de développer des offres éducatives culturellement et économiquement appropriées aux besoins locaux, tel l'enseignement dans les langues locales ou la découverte de savoirs locaux. Comme le dit Mamadou Diallo, du Burkina Faso: "Ma famille profite de mon savoir: je suis les cours au centre de formation depuis 3 ans. Maintenant j'entame ma dernière année. Ici j'apprends non seulement à lire et à écrire, mais aussi les techniques d'élevage. C’est très important car nous sommes tous des éleveurs. Les dimanches, quand je garde nos chèvres, j'applique ce que j'ai appris la semaine […]".

Ces témoignages montrent que l'alphabétisation ne doit pas se limiter à l'apprentissage de la lecture, du calcul et de l'écriture, mais permettre également l'apprentissage de la participation, de la citoyenneté, et contribuer au développement social et économique local.


(1) L'éducation non formelle correspond à toute forme d'éducation et de formation dispensée en dehors de l'école formelle (primaire, secondaire, universitaire). En Afrique de l'Ouest, l’éducation non formelle correspond aux besoins d’une majorité d'enfants, de jeunes et d'adultes déscolarisés et/ou non scolarisés.

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